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15 Aug

Un AVIS : « Poutine n'est pas la cause, il est le produit final »: pourquoi les citoyens de la Russie ne peuvent pas obtenir de visas et de permis de séjour dans l'UE

Publié par François Furieux  - Catégories :  #Guerre russo-ukrainienne, #Guerre, #génocide, #Ukraine, #Russie, #Politique, #Société

Un AVIS : « Poutine n'est pas la cause, il est le produit final »: pourquoi les citoyens de la Russie ne peuvent pas obtenir de visas et de permis de séjour dans l'UE

Vladimir Poutine viole personnellement des femmes et des enfants ukrainiens ? Sergueï Shoïgou vole personnellement des machines à laver, des cuvettes de toilettes et des culottes sales de l'Ukraine ? Lavrov tire personnellement sur des civils en Ukraine ? Non. Tout cela est fait par des fils et des filles russes ordinaires, élevés par des mères et des pères russes ordinaires, soutenus par un soutien populaire. Poutine n'est pas la cause. Il est le produit final, écrit le professeur de droit international Yevgen Tsybulenko.

Le 9 août Kaja Kallas, le Premier ministre estonien, a appelé l'UE à cesser immédiatement de délivrer des visas aux Russes, affirmant que visiter l'Europe est un privilège et non un droit. Et c'est effectivement le cas. Les militants des droits de l'homme et les politiciens pro-russes qui disent dans ce contexte que le droit à la libre circulation est un droit humain fondamental mentent délibérément.

Commençons par comprendre ce qui est vraiment un droit de l'homme, si nous parlons de la liberté de circulation, et pour cela, nous nous adressons au document de base - la Convention européenne des droits de l'homme de 1950 et ses protocoles. Soit dit en passant, tout en déclamant sur les droits de l'homme, la Russie a cessé de considérer ces documents comme obligatoires pour elle-même avant même d'être expulsée du Conseil de l'Europe à cause de la guerre à grande échelle déclenchée en Ukraine.

Ainsi, cette question est directement réglementée par le Protocole n° 4, dont l'article 2 stipule que « toute personne qui se trouve légalement sur le territoire d'un État a, sur ce territoire, le droit de circuler librement et de choisir librement sa résidence », ainsi que « chacun est libre de quitter n'importe quel pays, y compris le sien ». La règle importante figure également à l'article 3 : « Nul ne peut être privé du droit d'entrer sur le territoire de l'Etat dont il est ressortissant ».

Comme nous pouvons le voir, dans la Convention il n'y a pas de droit d'entrer dans l'État si l'on n'est pas son citoyen. La délivrance des visas d'entrée, y compris les visas Schengen, est une question de bonne volonté des États respectifs, et non un droit de l'homme.

Il semble que toute personne sensée devrait le comprendre. Urmas Reinsalu, le ministre estonien des Affaires étrangères, s'est exprimé très brièvement : « Les citoyens russes se rendent en masse au Louvre en passant par la Finlande et les pays baltes, et en ce moment des enfants sont tués en Ukraine. La guerre est menée par la Russie en tant que l'État. Et, sans aucun doute, les citoyens russes, en raison de leur passivité, en portent la responsabilité morale. »

On peut faire attention à ce que les Russes se comparent aux passagers de l'autobus qui sont obligés de payer pour la voiture endommagée par le chauffeur de leur autobus. Il faut faire alors une analogie complète: si on prend l'autobus avec le conducteur ivre et on ne fait rien en même temps, alors on est responsable de l'accident.

Il convient aussi d'examiner les questions de sécurité et des sanctions. Depuis l'imposition des sanctions occidentales et d'un embargo sur l'exportation des produits de haute technologie vers la Russie, des milliers de soi-disants « touristes » russes ont apporté des processeurs, des drones, des quadricoptères, des appareils de vision nocturne de l'Europe - tout ce qui s'est rapidement retrouvé dans la guerre et a aidé les Russes à tuer les Ukrainiens. Malgré les sanctions imposées, la Russie réussit toujours à trouver des moyens de les contourner.

En ce moment, la Russie défie tout l'Occident, qu'elle positionne comme un ennemi civilisationnel, et crée des risques sans précédent pour l'ensemble du continent européen.

Ainsi, par exemple, depuis le 5 août les troupes russes bombardent la centrale nucléaire de Zaporizhzhye, la plus grande en Europe. La Russie n'a tout simplement pas les moyens de changer la situation sur le front en sa faveur. Mais Poutine ne peut pas perdre la guerre. Par conséquent, la Russie lance la guerre hybride à grande échelle contre l'Europe, qui consiste en des risques, des menaces non militaires et au chantage, non moins dangereux.

Et dans le contexte de cette guerre, la soi-disante « opposition » russe fuyant de la tyrannie de Poutine est l'outil le plus important pour les services de renseignement russes. Les migrants russes et juste les touristes peuvent devenir « les yeux et les oreilles » fournissant à la Russie des informations actuelles. Les Russes - immunisés contre la mentalité européenne et les valeurs européennes - peuvent vivre en Europe, mais en même temps ils conserveront leur propre vision du monde, qui peut être utilisée par la Russie dans le contexte de la création des foyers de chaos et d'instabilité sociopolitiques.

          Il faut noter que les notions de l' « opposant russe », du « bon russe » sont très relatives. La propagande russe inhumaine et 23 ans de règne de Poutine ont eu un effet si dévastateur sur la conscience des Russes qu'il s'agit maintenant de la société avec un état de conscience altéré, prête à tuer et à détruire pour plaire à son dictateur.

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